On plisse les yeux. L’immensité impose sa loi. D’un côté, un horizon maritime, un océan d’écume. De l’autre, une mer de sable : le Namib. Des vagues aux dunes, on ne saurait distinguer les unes des autres. L’horizon se brouille. Les sens se défont. L’essence du désert se dévoile. Spectaculaire. Baignée par l’Atlantique à l’ouest et frontalière avec l’Afrique du Sud, la Namibie est une terre de magnifiques décors. Les curiosités y sont extraordinaires.
Namibie
Rêve d’Afrique
Par P. Laroque

Paysages du lac Kariba © CroisiEurope
Au fil de mes rêveries sur le site internet d’Arts et Vie, je fus interpelée l’autre jour par le voyage intitulé “L’Afrique australe à bord de l’African Dream”. “African Dream”, ces deux mots suffirent à éveiller mon imagination et très vite les images et les mots se bousculèrent dans ma tête. Quelques photos, le programme jour par jour, le descriptif du bateau… et me voici déjà à bord de ce navire à l’élégance discrète et distinguée qui m’entraine à la découverte des trésors de cette région qui m’appelle…
Contemplation sur le lac Kariba

L’African Dream © CroisiEurope – Alexandre Sattler
Il faisait déjà chaud ce matin-là. Première nuit sur le bateau, premier lever de soleil sur le lac Kariba. De timides rayons de lumière commençaient à colorer de rose le ciel profond encore constellé d’étoiles. Les silhouettes d’arbres engloutis se dévoilaient progressivement et dessinaient de fines esquisses noires face au soleil.
Installés sur la petite terrasse qui surmontait le bateau, nous étions devenus les spectateurs ébahis face au plus émouvant des ballets. La nature était si calme qu’il me venait l’envie de parler à voix basse pour ne pas troubler ce paisible tableau.
Après nos cinq premiers jours de voyage à la découverte de Johannesburg, de Kasane, du parc naturel de Chobe… notre croisière à bord de l’African Dream nous semblait être une délectable bulle de sérénité. Nous nous retrouvions immergés au cœur de ce paysage sauvage et singulier, avec ce sentiment étrange de faire partie du décor. Sur la quinzaine de personnes qui composaient notre groupe, nous étions six ce matin-là à nous retrouver sur le pont ; les autres avaient sans doute préféré admirer le paysage depuis leur cabine. Chacun vivait son voyage à sa façon. Sans presque aucun mot nous vivions ensemble ces instants d’exception.
Safari aquatique

Éléphant sur les rives du lac Kariba © CroisiEurope
Après nous être laissé emporter au fil des eaux tranquilles de cette petite mer intérieure créée grâce à la construction d’un barrage dans les années 1950, nous embarquâmes sur de plus petites embarcations afin de remonter les minces cours d’eau qui l’alimentent. Nous y avons pu apercevoir antilopes, roans, zibelines, koudous… les lions ne furent pas au rendez-vous ! Mais peu importe ! Nous laissons le sensationnel à tous ces groupes accrochés à leurs téléobjectifs. Mes compagnons et moi-même étions davantage à la recherche d’authenticité et de sensations. Nous profitions heureusement de ces moments sans penser à nos publications sur les réseaux sociaux ! C’est aussi ça, voyager avec Arts et Vie : se faire petit, écouter, apprendre et partager l’instant présent.
Dans la douceur du soir
De retour sur notre navire, nous nous dirigeâmes doucement vers Palm Bay qui forme une petite anse, tout au nord du lac. Au passage une famille d’éléphants sembla nous saluer. L’heure était aux ablutions du soir pour eux. Le passage de notre bateau ne semblait pas les déranger. Ils restèrent impassibles, immenses, majestueux. Et tandis qu’au fil des minutes le ciel se teintait d’un rose vif, presque irréel, nous passions à table dans la salle à manger dont les larges baies vitrées restaient ouvertes sur l’extérieur. C’est ainsi, dans l’air frais du soir que s’acheva notre journée africaine sur le lac Kaiba. Nous avons beaucoup ri, échangé nos impressions de la journée, racontés de vieilles anecdotes tout en profitant jusqu’aux dernières lueurs du jour de ce décor à nul autre pareil.

Le RV African Dream © Kevin Hogan
Découvrez notre programme Événement : Afrique australe à bord de l’African Dream
L’ascension de « Big Daddy », la grande dune
Par J.-M. Laurent

La Namibie offre décidément un périple d’exception, déployant des paysages à couper le souffle et d’une étonnante diversité. Du spectaculaire parc national d’Etosha, superbe savane peuplée de zèbres, de girafes, d’éléphants et d’une myriade d’oiseaux exotiques, jusqu’au célèbre désert du Namib, où se dressent d’immenses formations de dunes rouges bordées par l’océan Atlantique, l’émerveillement est absolument partout. La rencontre avec les communautés locales, comme les Himbas et les Héréros, dévoile de plus des traditions séculaires et encore vivaces malgré une histoire tourmentée. Pour Jean-Marie Laurent, accompagnateur Arts et Vie qui a eu plus d’une fois la chance de se rendre dans ce beau pays, l’apogée du circuit « Sables du Namib » consiste sans doute en l’ascension de la dune « Big Daddy », la plus haute de Sossusvlei, et l’une des plus hautes au monde. Il nous raconte.
À l’assaut de la grande dune
Le départ se fait bien sûr avant l’aube, afin d’arriver au Namib-Naukluft National Park dès l’ouverture, à 6 h lors de l’été austral. Nous laissons alors notre car, inutilisable dans les dunes, pour prendre les 4×4 du parc. Le temps d’arriver au pied de la dune « Big Daddy », impressionnante du haut de ses 350 m, il est déjà 7 h 45 et le soleil s’est levé.

Ce jour-là, en novembre 2016, j’accompagne 14 adhérents dans cette ascension. C’est une marche difficile, et seuls ceux qui s’en sentent le courage iront jusqu’au sommet. Il faut d’abord gravir les premiers mètres, puis cheminer sur la crète de la grande dune jusqu’à son faîte. En fonction des aptitudes de chacun, la montée prend entre 1 h 15 et 2 h, pour un dénivelé d’environ 300 m. L’effort est régulier, l’air est encore frais.
Au sommet, la vue est fabuleuse. Les dunes s’étirent à perte de vue, dominant le Dead Vlei, le « marais mort », cette étonnante étendue blanche au milieu d’une mer de sable rouge. Éblouis par cet incroyable panorama, nous restons là un moment, reprenant notre souffle.
Une descente insolite

Après s’être imprégné de cette vue exceptionnelle, nous entamons la descente. De préférence déchaussés, pour glisser en douceur sur le sable, nous nous avançons en courant face à la pente et en levant haut les jambes. En dix minutes seulement, nous voilà redescendus. Les sensations sont extraordinaires, et ce sont dix minutes de pur bonheur.
Au pied de la dune, le Dead Vlei, aveuglant de lumière, nous attend. Les acacias ponctuant le salar, morts depuis plusieurs centaines d’années, carbonisés par le soleil, offrent un spectacle surréaliste. Nous y marcherons une heure durant, avant de retrouver nos 4×4. Une excursion unique, dont je garderai longtemps le souvenir.

À découvrir lors du circuit Arts et Vie en Namibie : Les sables du Namib
Crédits photos : © J.-M. Laurent
Désert du Namib, Canyon de la Fish River, Parc national d’Ethosa, peintures rupestres de Twyfelfontein et du Brandberg, villes coloniales de Keetmanshoop, Windhoek ou Swakopmund : un voyage culturel en Namibie avec Arts et Vie vous fera découvrir des paysages remarquables, des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco, une architecture composite et une histoire complexe qui vit les missionnaires et les colons allemands coloniser la Namibie, qui fut ensuite annexée par l’Afrique du Sud jusqu’à qu’elle acquiert son indépendance en 1990. L’on dit que c’est au désert que l’on se retrouve et que l’on se connaît. Vous pourrez faire cette expérience décisive en Namibie en parcourant le désert côtier du Namib. Considéré comme le plus vieux désert du monde, il s’étend sur plus de 1500 km pour se fondre progressivement dans le désert du Kalahari et finir par rencontrer les eaux bleues de l’océan atlantique.
Dans la partie sud du fleuve Kuiseb se trouve les dunes mobiles de Sossusvlei qui envoûtent le spectateur par leurs formes hautes et ondoyantes et par leur couleur, un rouge intense dû à l’argile et à l’oxyde de fer. Même beauté nue dans le Canyon de la Fish River aux paysages exceptionnellement variés : brousse, steppe à succulentes, plaine désertique à buissons nains, savane à arbrisseaux. Le canyon est également un centre de diversité pour les reptiles, les oiseaux endémiques, les chevaux sauvages, les koudous, les steenboks et les springboks. Faire un voyage culturel en Namibie, c’est aussi découvrir des peintures rupestres qui fascinèrent des générations d’anthropologues. Ainsi de la fresque dite de la « Dame Blanche » découverte dans le massif du Brandberg. Si l’on s’accorde aujourd’hui à dire qu’elle a été peinte il y a plus de deux mille ans par un groupe de Sans, son origine a longtemps été débattue. Les premiers explorateurs crurent reconnaître dans cette figure gracile la silhouette d’une femme en mouvement ; l’on pense à présent que cette fresque montre un chaman, le corps peint de peintures rituelles et tenant dans ses mains un arc et un calice. Vous retrouverez cette force plastique et cette stylisation expressive à Twyfelfontein qui concentre plus de deux mille pétroglyphes gravés sur de la pierre : ils montrent des animaux stylisés d’un trait sûr et précis.
Les villes de cette région de l’Afrique australe offrent, elles aussi, une histoire d’une grande richesse. Un voyage culturel en Namibie vous mènera à la découverte de Windhoek, capitale du pays. Vous pourrez y voir l’église luthérienne (1910) qui domine la ville, aux côtés du vieux fort allemand et de la statue équestre du Reiterdenkmal, érigé en 1912 en hommage aux soldats et aux civils allemands morts durant les soulèvements des Héréros et des Hottentots qui eurent lieu entre 1903 et 1907. À Keetmanshoop où s’établit en 1860 un établissement de la Mission rhénane, vous visiterez le Keetmanshoop Museum qui relate l’histoire de la ville et irez admirer l’église rhénane de 1895, exemple unique d’édifice religieux combinant une architecture néo-gothique et de la pierre africaine. Swakopmund mérite, enfin, le détour. Fondée en 1892 par des colons allemands, elle est aujourd’hui une station balnéaire de luxe prisée par les touristes européens et sud-africains. L’attrait principal de la ville réside dans son architecture germanique « fin de siècle » du bord de la Baltique, avec ses frontons chantournés, ses encorbellements et ses façades pastel au style Hohenzollern délicieusement suranné.